Allocution du 27 août 2011 (journée de fête à l’occasion des 80 ans de Claude Gacond)

Publié le par pam

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Allocution du 27 août 2011

(journée de fête à l’occasion des 80 ans de Claude Gacond)

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Cette journée du 27 août 2011 permet de rendre hommage à un illustre citoyen de La Chaux-de-Fonds, M. Claude Gacond, qui célèbre ses 80 ans. A le voir si vif lorsqu’il arpente les rues de la ville ou qu’il se rend à la Bibliothèque, on devrait plutôt dire qu’on le fête pour ses quatre fois vingt printemps.

 

D’après l’invitation que nous a envoyée Mme Mireille Grosjean, des personnalités du monde entier sont présentes aujourd’hui. Je leur souhaite à toutes une très cordiale bienvenue et je me permets de présenter brièvement La Chaux-de-Fonds, ville un peu méconnue du reste de la Suisse, sans doute à cause de sa situation géographique un peu à l’écart des grandes voies de communication.

 

Avec ses 37'000 habitants, La Chaux-de-Fonds est la troisième ville de Suisse romande, après Genève et Lausanne, mais avant Neuchâtel, Fribourg et Sion. Elle possède une riche histoire industrielle, notamment dans le domaine horloger. Aujourd’hui encore, les entreprises de La Chaux-de-Fonds produisent des montres de grande précision qui font la réputation de la qualité suisse aux quatre coins du monde.

 

Sur le plan culturel, notre ville jouit aussi d’une image flatteuse. Elle dispose de nombreux musées dédiés à l’art, à l’histoire ou à la technique. Elle bénéficie également d’une situation exceptionnelle en pleine nature, ce qui fait dire que les Jurassiens ont posé leurs villes au milieu des forêts et des pâturages. Enfin, avec la ville voisine du Locle, nous avons eu l’honneur d’être classé par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité.

 

La Chaux-de-Fonds est aussi fière d’avoir accueilli dès 1974 le Centre Culturel Espérantiste. Cette institution, grâce à son intense activité et à la qualité de ses animateurs, a fait connaître notre ville aux quatre coins du monde. Sans relâche, Claude Gacond et ses collaborateurs enseignent la langue inventée par Zamenhof, langue actuellement parlée par des millions de personnes réparties sur les cinq continents, et qui leur permettent de communiquer simplement et surtout de se comprendre.

 

Au début du XXe siècle, certaines maisons d’horlogerie de notre région ont souhaité trouver un nom de marque qui soit universel comme le latin, mais moderne. Elles ont choisi l’espéranto. C’est ainsi qu’ont vu le jour les marques «MOVADO», «UNIVERSO», «ETERNA» et «RADO».

 

Actuellement, à Bruxelles et à Strasbourg, les coûts de la traduction simultanée sont astronomiques car l’Union européenne fonctionne avec 23 langues. La traduction va de chacune vers les 22 autres, ce qui donne exactement 506 traductions. Si on met au centre l’espéranto comme langue-pont, la formule exigerait seulement 46 traductions. Les espérantistes luttent pour que cette utopie devienne réalité.

 

D’autres orateurs auront l’occasion de rappeler tout ce que Claude Gacond a fait pour l’espéranto. En tant que représentant des autorités de la ville, j’aimerais souligner une autre facette de sa vie, c’est-à-dire son engagement politique.

Claude Gacond a tout d’abord siégé au sein du Conseil général de La Sagne, puis à l’exécutif de cette commune. Il a aussi œuvré pendant plusieurs années au Grand Conseil neuchâtelois, défendant avec vigueur les causes qui lui étaient chères mais dans le respect de ses adversaires. C’est sans doute avec plaisir qu’il a appris que ses successeurs au législatif cantonal avaient accepté le 18 février 2009, par 60 voix contre 41, une motion intitulée «Favoriser l’espéranto».

 

Nous vivons dans le monde de l’ouverture des frontières, de la libre circulation des personnes

et du développement vertigineux des moyens techniques de communication. Il est donc important que les habitants des différents pays, en plus de leur langue natale, pratiquent une langue véhiculaire. Aujourd’hui, c’est l’anglais, avec toutes ses expressions qui appauvrissent la langue française. Demain, ce pourrait être l’espéranto, qui respecte les diversités culturelles de chacun et qui, en plus, est très facile à acquérir.

 

Avec Louis Chevrolet, Blaise Cendrars et Le Corbusier, La Chaux-de-Fonds a été la patrie de plusieurs utopistes. Claude Gacond s’inscrit dans cette lignée et il est certain que sa persévérance portera des fruits et contribuera à construire un monde meilleur.

 

Je vous souhaite une agréable fin de séjour à La Chaux-de-Fonds et j’espère que vous y découvrirez notre hospitalité.

 

Pierre-André Monnard

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